# Analyse de contenu qualitative : exemple de grille de codage

Exemple de grille de codage en analyse de contenu qualitative : définir les catégories, les tester sur un corpus et compter sans surinterpréter.

- URL canonique: https://www.harmate.com/fr/blog/analyse-contenu-qualitative-grille-codage
- Auteur: Harmate Team
- Publié le: 2026-10-25
- Mise à jour: 2026-10-25T01:14:40.367665+00:00
- Langue: fr

## Contenu

# Analyse de contenu qualitative : exemple de grille de codage

Une grille de codage sert à appliquer des catégories définies à une matière précise. Elle peut aider à décrire ce qui apparaît dans des réponses d’entretien ou de questionnaire, à condition que chaque catégorie ait un sens délimité, un exemple et une règle d’application. Le tableau ne décide pas ce que les propos signifient à la place de l’analyste.

L’exemple ci-dessous montre une analyse de contenu qualitative à partir de quelques réponses fictives. Il ne présente ni une méthode universelle ni un classifieur automatique. Les catégories sont formulées par une personne à partir d’une question et d’un contexte ; elles peuvent être revues lorsque le matériau ne rentre pas proprement dans la grille.

## Ce que cette grille cherche à décrire

Imaginons qu’un organisme de formation veuille savoir quelles conditions ont empêché certains participants d’utiliser une nouvelle procédure dans leur travail. La question est bornée : « Dans les situations rencontrées depuis la formation, qu’est-ce qui a facilité ou empêché l’utilisation de la procédure ? » Elle ne vise pas à évaluer les personnes ni à expliquer à elle seule un résultat professionnel.

L’analyse de contenu peut convenir lorsque la question et le corpus sont assez délimités pour élaborer puis réviser des catégories. Philipp Mayring décrit notamment le choix des unités d’analyse, les règles de codage, la construction ou révision des catégories et l’ancrage des catégories dans des exemples de matériau. Il souligne aussi que cette démarche est moins adaptée lorsque la recherche reste très ouverte et que les catégories pertinentes ne sont pas encore délimitées. Voir [Qualitative Content Analysis (Mayring, 2000)](https://www.qualitative-research.net/index.php/fqs/article/view/1089/2385), notamment les paragraphes 7, 12, 15, 17 et 27.

Ce cadrage la distingue de l’analyse thématique réflexive, qui construit une interprétation de motifs de sens et où les thèmes ne sont pas de simples catégories de tri. Pour cette autre approche, voir [codes, thèmes et interprétation](/fr/blog/analyse-thématique-distinguer-codes-thèmes-et-interprétation). Si la question porte sur la manière dont un échange construit son sens au fil des tours de parole, l’[analyse du discours](/fr/blog/analyse-du-discours-comprendre-un-échange-sans-deviner-les-intentions) traite un autre objet.

## Séparer l’unité de codage du contexte

Avant d’écrire des catégories, précisez trois éléments :

- **Le corpus** : quelles réponses sont incluses, pour quelle question, quelle période et quels filtres ?
- **L’unité de contexte** : quelle portion relire pour comprendre un passage ? Ici, la réponse complète à la question.
- **L’unité de codage** : quel passage recevra une catégorie ? Ici, une phrase ou quelques phrases décrivant une situation liée à l’usage de la procédure.

Une réponse entière peut donc rester le contexte, même si seul un passage porte l’information codée. Si une réponse décrit deux situations différentes, conservez les deux passages et leur contexte. Ne réduisez pas la source à un mot-clé.

## Exemple fictif : faire évoluer la grille après un pilote

Supposons que les trois premières réponses de l’exercice pilote soient :

| Réponse fictive | Passage retenu comme unité de codage | Première lecture |
|---|---|---|
| R-01 | « Le modèle est dans un espace que mon compte ne peut pas ouvrir. » | Un obstacle d’accès semble décrit. |
| R-02 | « La fiche papier indiquait encore l’ancien ordre des étapes. » | Le support ne correspond peut-être plus à la procédure. |
| R-03 | « Je n’ai traité aucun dossier de ce type cette semaine. » | La personne ne décrit pas un échec d’application ; elle n’a pas eu d’occasion pertinente. |

Une première catégorie unique, « obstacle à l’utilisation », serait trop large pour distinguer R-01 de R-02 et ne conviendrait pas à R-03. Après lecture du pilote, l’analyste révise la grille, explicite les critères et recode les trois réponses :

| Catégorie | Inclure lorsque… | Exclure lorsque… | Exemple fictif d’ancrage |
|---|---|---|---|
| Accès au support | Le passage rapporte un obstacle d’accès à une ressource pendant la période, même s’il a ensuite été résolu. | Le document est accessible mais son contenu est ancien ou contradictoire. | R-01 : « mon compte ne peut pas ouvrir » |
| Version ou consigne à vérifier | Le passage indique que le support ou la consigne consultée ne correspond pas à la procédure en vigueur. | La personne n’a simplement pas eu de situation où l’utiliser. | R-02 : « l’ancien ordre des étapes » |
| Aucune occasion pertinente rapportée | Le passage décrit l’absence de situation de travail où la procédure pouvait être essayée pendant la période visée. | Une occasion existait, mais un problème d’accès ou de consigne est rapporté. | R-03 : « aucun dossier de ce type cette semaine » |

Les définitions, critères d’inclusion et d’exclusion, ainsi que les exemples ancrés dans les réponses, rendent la grille discutable et révisable. Ils n’en font pas un dictionnaire général de mots. Si une réponse future ne correspond à aucune catégorie, notez-la comme cas non couvert, relisez son contexte, puis décidez humainement si une catégorie doit être révisée ou si le passage reste hors périmètre. Après toute modification, repassez sur les réponses déjà codées pour appliquer la même version de la grille.

Cette construction suivie d’un pilote est cohérente avec l’approche décrite par Mayring : les catégories peuvent être élaborées à partir du matériau puis révisées ; leur définition s’appuie sur des exemples et des règles explicites.

## Décrire le résultat sans confondre réponses et mentions

Ajoutons une quatrième réponse fictive : « J’ai pu ouvrir le modèle seulement après qu’une collègue m’a donné le bon accès. » Dans ce petit corpus, deux des quatre répondants fictifs rapportent au moins un obstacle d’accès au support. L’unité comptée est ici le répondant, pas chaque passage. R-04 rapporte un obstacle ensuite résolu ; pour R-01, la résolution n’est pas renseignée. Notez ce statut séparément pour ne pas assimiler les deux situations. Le dénominateur comprend ces quatre réponses disponibles, pas les personnes qui n’ont pas répondu. Ce chiffre décrit uniquement ces quatre réponses fictives. Il ne mesure pas la fréquence parmi toutes les personnes sollicitées, et il n’établit pas que les droits d’accès ont causé une difficulté générale.

Définissez aussi ce que vous comptez. Si l’unité de résultat est la personne, comptez au plus une présence de catégorie par répondant, même si elle est mentionnée plusieurs fois. Si vous comptez chaque passage codé ou chaque mention, indiquez-le séparément : une personne peut alors contribuer plusieurs fois. Ne comparez pas ces deux dénominateurs comme s’ils répondaient à la même question. Les réponses manquantes ou partielles ne deviennent ni une absence de difficulté ni une catégorie « aucune » ; indiquez leur nombre et le périmètre disponible.

Le tableau peut inclure l’identifiant disponible, la question, l’unité de codage, l’unité de contexte à relire, la catégorie, l’extrait et une note de limite. Gardez le texte source intact et faites relire les cas ambigus. Ne transformez pas une catégorie descriptive en jugement sur la personnalité, l’intention ou la compétence d’un répondant.

Pour préparer plusieurs exports et vérifier leur provenance avant le codage, consultez la [méthode de préparation des réponses avant analyse](/fr/blog/préparer-des-réponses-de-questionnaire-avant-lanalyse-méthode-et-exemple). Pour analyser un corpus plus large en reliant codes, fréquence et décision, la [méthode en sept étapes pour lire des réponses ouvertes](/fr/blog/lire-200-reponses-ouvertes-sans-se-mentir-une-methode-pour-decider-sans-noyer-le-signal) répond à un besoin plus général.

## À retenir

Une grille de codage utile nomme son corpus, son unité de contexte, son unité de codage, ses catégories et ses règles. Elle passe par un pilote, accepte la révision et laisse visibles les réponses qui ne cadrent pas. Les catégories décrivent le matériau sélectionné ; elles ne prouvent ni une cause ni une fréquence dans toute une population.

Si vous collectez ou importez des réponses ouvertes, [Harmate Questions ouvertes](https://www.harmate.com/fr/product/open-questions) peut aider à organiser les réponses et à retrouver les extraits sources associés aux thèmes. Le choix de la méthode, de la grille et de l’interprétation reste celui de l’analyste.