# Verbatim : définition et méthode pour citer sans trahir le sens

Verbatim : définition, méthode de sélection et confidentialité pour citer des mots exacts sans détourner leur sens.

- URL canonique: https://www.harmate.com/fr/blog/verbatim-définition-et-méthode-pour-citer-sans-trahir-le-sens
- Auteur: Harmate Team
- Publié le: 2026-09-05
- Mise à jour: 2026-09-05T18:06:57.431006+00:00
- Langue: fr

## Contenu

# Verbatim : définition et méthode pour citer sans trahir le sens

Un **verbatim** est, selon la [définition du Larousse](https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/verbatim/81475), la reproduction intégrale et fidèle des propos prononcés par une personne interrogée, ou plus largement un compte rendu qui restitue ses mots sans les réécrire. Dans un article, une étude ou un rapport, c’est donc un extrait conservé au plus près de la source, avec assez de contexte pour que sa lecture ne change pas le sens.

La difficulté commence après la transcription. Une citation peut donner une voix à une expérience, mais elle ne devient pas pour autant une conclusion, une fréquence ou une preuve de représentativité. Pour l’utiliser correctement, il faut relier quatre choses sans les confondre : la source, l’extrait exact, l’analyse qui le rapproche d’autres extraits et le constat que l’on ose finalement formuler. Cette méthode vaut pour un entretien, une consultation, un questionnaire ou un retour client.

## Source, verbatim, code, thème, constat : cinq niveaux à séparer

Le mot « verbatim » est souvent employé pour désigner tantôt une réponse entière, tantôt une phrase choisie, tantôt une synthèse. Cette élasticité rend les rapports difficiles à relire. Une chaîne simple permet de remettre chaque objet à sa place.

| Niveau | Ce que c’est | Ce que l’on peut en dire |
|---|---|---|
| Source | La réponse, l’entretien ou le document complet, avec son identifiant et son contexte | Qui a parlé, à quelle question, à quel moment et dans quelles conditions |
| Verbatim | Le passage exact retenu, marqué comme extrait et rattaché à la source | Ce que la personne a effectivement dit ou écrit |
| Code | Une étiquette analytique courte, posée après lecture de la matière | Le sujet ou l’action que l’extrait aide à examiner |
| Thème | Un motif de sens construit en rapprochant plusieurs extraits et en vérifiant leurs différences | Une idée structurante, pas une simple liste de mots récurrents |
| Constat | Une formulation répondant à la question de décision, appuyée par les extraits et les limites | Ce que l’analyse autorise à décider ou à explorer ensuite |

Un code n’est pas caché dans un mot isolé. Un thème n’est pas la fréquence d’un terme. Un constat n’est pas la reformulation élégante d’une citation. L’analyse thématique décrite par [Braun et Clarke](https://uwe-repository.worktribe.com/output/1043060) demande notamment de travailler les motifs de sens en lien avec une question et une interprétation explicites. Le chemin peut être inductif, déductif ou mixte, mais il doit rester visible pour le lecteur.

## Commencer par une question ouverte qui laisse une trace

Un verbatim intéressant ne se fabrique pas à partir d’une question qui suggère déjà sa réponse. Si l’on veut comprendre un obstacle, demander « Quel est le principal problème ? » force parfois la personne à choisir une catégorie. Une invitation située ouvre davantage le champ : « Racontez la dernière fois où cette étape vous a ralenti. Que s’est-il passé, et qu’avez-vous fait ensuite ? »

Une bonne relance cherche un épisode, une décision, une conséquence ou un besoin précis. Elle peut demander un exemple et laisser la personne nuancer, contredire ou ne pas savoir. Les [questions ouvertes](https://www.harmate.com/fr/blog/questions-ouvertes-obtenir-des-reponses-exploitables-sans-biaiser) sont utiles pour découvrir des raisons inattendues ; elles ne rendent pas automatiquement les réponses vraies, représentatives ou faciles à analyser. Une question ouverte trop vague produit aussi des réponses courtes et inégales.

Avant la collecte, décider ce qui sera conservé : formulation originale, langue, date ou vague, question affichée, relances éventuelles et statut de la réponse. Le principe est de préserver le matériau avant de le réduire. Si une traduction est nécessaire, garder la version source, signaler la traduction et éviter de présenter une nuance traduite comme une formulation originale.

## Préparer le contexte avant de choisir une citation

Une phrase sortie d’un échange peut sembler claire tout en étant une réponse à une hypothèse, une plaisanterie ou une question précédente. Avant de l’extraire, enregistrer au minimum :

- la question ou le stimulus auquel la personne répond ;
- le profil utile à l’interprétation, décrit sans identifiant superflu ;
- la période, le cadre et le mode de collecte ;
- les mots supprimés, les coupures, les crochets et les traductions ;
- le lien stable vers la source complète et les droits de réutilisation.

La [COREQ, présentée par Tong, Sainsbury et Craig](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17872937/) et par l’[EQUATOR Network](https://www.equator-network.org/reporting-guidelines/coreq/), est une checklist de 32 items pour rendre plus transparent le compte rendu d’entretiens et de groupes de discussion. La [SRQR d’O’Brien et ses collègues](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24979285/) propose 21 items pour le reporting de recherches qualitatives plus largement. Ce sont des repères de transparence, pas un certificat de validité et pas une recette pour choisir automatiquement un verbatim.

Le lecteur devrait pouvoir comprendre pourquoi l’extrait est là : illustre-t-il une expérience, une tension, une exception, une évolution ou une hypothèse ? Sans cette explication, la citation devient une décoration d’autorité. Le rapport peut afficher l’extrait, son code, la question source et le constat auquel il contribue, tout en permettant de revenir à la réponse complète.

## Sélectionner sans cherry-picking

La citation la plus vive n’est pas toujours la plus représentative de la matière. Une phrase bien écrite peut être atypique ; une formulation hésitante peut contenir le meilleur indice causal. Pour limiter le cherry-picking, écrire avant la sélection les critères de lecture et rechercher activement les cas qui les contredisent.

| Question de sélection | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|
| Utilité | L’extrait éclaire-t-il la question de décision, plutôt qu’un détail spectaculaire ? |
| Fidélité | Les ellipses, corrections et traductions laissent-elles le sens intact ? |
| Variation | Ai-je cherché une expérience différente, un désaccord ou un cas limite ? |
| Traçabilité | La source et le contexte sont-ils retrouvables par un tiers autorisé ? |
| Proportion | La place donnée à cette citation correspond-elle à la force de la preuve ? |
| Risque | L’extrait expose-t-il une personne, un client ou un événement rare ? |

[Corden et Sainsbury](https://www.york.ac.uk/inst/spru/pubs/pdf/verbusers.pdf), dans leur étude de l’usage des citations dans les rapports de recherche sociale, montrent l’intérêt de considérer les mots des participants comme une partie de l’argument et de la relation avec le lecteur. Cela ne signifie pas qu’il faut tout publier. Cela signifie qu’il faut pouvoir expliquer ce que l’extrait apporte et ce que les autres réponses empêchent d’affirmer.

Une [synthèse méthodologique publiée en 2025](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12362350/) souligne précisément le risque de cherry-picking et propose d’examiner la fonction de la citation, les contraintes pratiques, l’éthique, la lisibilité et l’inclusion. Un tableau de sélection est souvent plus honnête qu’une sélection à la mémoire : source, thème provisoire, raison d’inclusion, cas divergent trouvé, sensibilité, version publiée et lien de vérification. Si trois extraits disent la même chose, choisir le plus clair ne permet pas d’écrire « la majorité ». Pour ce mot, il faut un dénominateur, une règle de codage et une couverture documentée. Sinon, écrire « cet extrait illustre » ou « plusieurs personnes décrivent », seulement si cette dernière formulation est réellement étayée.

## Protéger la confidentialité : enlever un nom ne suffit pas

Un verbatim peut identifier quelqu’un par son histoire. Un métier rare, une date, un lieu, le nom d’un client ou la combinaison de plusieurs détails suffisent parfois à une ré-identification dans un petit groupe. Demander une autorisation de citation ne dispense pas d’évaluer le risque pour les autres personnes mentionnées.

La [CNIL distingue anonymisation et pseudonymisation](https://www.cnil.fr/fr/technologies/lanonymisation-de-donnees-personnelles) : l’anonymisation vise une identification rendue impossible en pratique et de manière irréversible ; la pseudonymisation remplace des identifiants mais laisse possible une attribution avec des informations supplémentaires. Une citation pseudonymisée reste donc une donnée personnelle. L’article de [Kaiser sur la confidentialité en recherche qualitative](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2805454/) rappelle que la divulgation déductive est un problème concret : le recoupement du contexte peut révéler l’identité même lorsque le nom a disparu.

Avant publication, minimiser les détails non nécessaires, généraliser un lieu ou remplacer un exemple sensible, puis consigner la transformation. Les crochets signalent une intervention éditoriale ; ils ne doivent pas servir à améliorer le style ou à rendre une histoire plus convaincante. Quand le risque reste élevé, ne pas publier l’extrait, demander un consentement spécifique ou restituer l’idée par paraphrase contrôlée. Préserver la source complète dans un espace à accès limité ne signifie pas la rendre publique.

## Ce qu’un verbatim prouve — et ce qu’il ne prouve pas

La portée d’une citation dépend du dispositif qui l’a produite. Elle peut rendre visible la manière dont une personne vit une situation, le vocabulaire utilisé, un enchaînement d’événements ou une raison avancée. Elle peut soutenir une hypothèse à examiner. Elle ne mesure pas, à elle seule, l’ampleur du phénomène.

| Un verbatim peut contribuer à montrer | Il ne permet pas seul de conclure |
|---|---|
| Comment une étape est vécue ou racontée | Combien de personnes partagent cette expérience |
| Pourquoi une personne donne cette raison | Que cette raison est la cause principale |
| Qu’une formulation ou une tension existe dans la matière | Que la population entière pense ainsi |
| Un cas limite ou une divergence importante | Qu’un résultat est statistiquement représentatif |

Le nombre de citations visibles n’est pas un compteur de répondants. Même une citation reprise plusieurs fois reste une citation. Pour parler de fréquence, compter les réponses selon une règle annoncée, conserver les cas ambigus et indiquer la base analysée. Pour un objectif exploratoire, l’accès aux divergences et aux limites peut être plus utile qu’un classement de thèmes.

## Exemple concret : comprendre un retard d’onboarding

Imaginons, à titre pédagogique, une consultation interne de douze nouvelles recrues sur leur première semaine. La question est ouverte : « Décrivez le moment où votre arrivée a été la plus difficile, et ce qui aurait aidé. » Une réponse complète contient plusieurs épisodes. L’équipe retient cet extrait :

> « J’avais les accès le premier matin, mais personne ne savait qui devait me montrer le projet. J’ai attendu trois jours avant d’oser demander. »

La source indique la question, la semaine concernée et un identifiant pseudonymisé. Le code provisoire peut être « responsabilité d’accueil non attribuée ». Le thème pourrait devenir « démarrage bloqué par une coordination implicite », si d’autres réponses et des cas différents permettent de le construire. Le constat prudent est : « Cet extrait montre comment l’absence de relais explicite a retardé l’entrée dans le projet. »

Ce que l’on ne peut pas écrire à partir de lui : « Le problème principal de l’onboarding est l’absence de relais » ou « les nouvelles recrues attendent trois jours ». Pour ces phrases, il faudrait examiner les douze réponses, expliciter le codage, chercher les expériences opposées et produire le dénominateur correspondant. Une autre personne peut dire : « J’ai été autonome dès le premier jour, car ma binôme m’avait envoyé le contexte avant mon arrivée. » Cette divergence ne gêne pas le thème ; elle précise la condition qui le rend évitable.

Le verbatim garde ici la causalité racontée par une personne sans la transformer en vérité générale. Le code aide à comparer, le thème organise l’interprétation et le constat reste proportionné à la preuve.

## Checklist avant de publier une citation

1. La source complète est-elle conservée, retrouvable et accessible aux personnes autorisées ?
2. Le texte publié est-il exact, avec les coupures, traductions et corrections signalées ?
3. La question, la période et le contexte nécessaires sont-ils visibles ?
4. La raison d’inclure cet extrait est-elle écrite avant ou pendant l’analyse ?
5. Des cas divergents ou négatifs ont-ils été recherchés et conservés ?
6. Les détails peuvent-ils ré-identifier la personne ou un tiers ?
7. Le consentement et les droits couvrent-ils cette forme de publication ?
8. Une phrase de fréquence ou de majorité repose-t-elle sur un vrai dénominateur ?
9. Le code, le thème et le constat sont-ils distincts de la citation ?
10. Un lecteur peut-il vérifier la limite de ce que l’extrait soutient ?

Pour prolonger la méthode, voir aussi [lire 200 réponses ouvertes sans se mentir](https://www.harmate.com/fr/blog/lire-200-reponses-ouvertes-sans-se-mentir-une-methode-pour-decider-sans-noyer-le-signal) et [le nuage de mots sans trahir les verbatims](https://www.harmate.com/fr/blog/nuage-de-mots-comment-le-créer-sans-trahir-vos-verbatims).

## FAQ

### Peut-on corriger un verbatim ?

On peut documenter une transcription, retirer un élément identifiant ou traduire, mais chaque intervention doit rester visible et ne pas modifier le sens. Pour une correction substantielle, préférer une paraphrase explicitement présentée comme telle.

### Combien de citations faut-il dans un rapport ?

Il n’existe pas de nombre universel. Il en faut assez pour montrer le raisonnement, la variation pertinente et les limites, pas assez pour donner une illusion de précision. La question de décision et la diversité de la matière déterminent le choix.

### Une citation est-elle une preuve ?

Oui, au sens d’un élément de preuve qualitatif rattaché à une source ; non, au sens d’une mesure de fréquence ou d’une preuve de représentativité. Écrire ce qu’elle soutient et ce qu’elle ne soutient pas.

### Verbatim et citation, est-ce la même chose ?

Une citation peut être une reprise exacte, mais aussi désigner plus largement un passage cité ou une référence. « Verbatim » insiste sur la fidélité aux mots prononcés ou écrits. Dans tous les cas, la source et le contexte doivent rester accessibles.

### Une IA peut-elle choisir les meilleurs verbatims ?

Elle peut accélérer un repérage ou proposer des regroupements. Elle ne doit pas devenir l’unique juge de la fidélité, de la sensibilité ou de la pertinence. Vérifier chaque extrait contre la source, documenter les cas écartés et garder l’incertitude visible.

Une collecte ouverte conserve une matière que les catégories préparées auraient pu manquer. Un outil comme [Harmate](https://www.harmate.com/fr/product/open-questions) peut aider à relier réponses, thèmes, extraits et constats dans une lecture révisable. La décision reste attachée aux sources, aux divergences et aux limites : une citation ouvre le raisonnement, elle ne le clôt pas.